Les correspondantes botanistes d’Esprit Requien (1788-1851)

 

Female botanical correspondents of Esprit Requien (1788-1851)

 

  • Marc Philippe

 

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Résumé / Abstract


Le naturaliste avignonnais Esprit Requien a laissé une collection de près de 14 000 lettres, qu’il a reçues de plus de 2 000 correspondant(e)s. Quatre pour cent sont des femmes. Ce corpus de lettres féminines a été étudié dans l’espoir de repérer des femmes botanistes méconnues. Vingt-huit femmes abordent des sujets botaniques. Les correspondantes sont de milieux sociaux variés, mais majoritairement bourgeois. La plupart s’intéressent aux plantes dans une sphère domestique. Seules trois ont une démarche scientifique : Aglaé Adanson, Clémence Lortet et Victoire Maille. Elles sont déjà relativement connues de l’histoire de la botanique. En revanche, cette correspondance apporte des éléments sur le rôle des femmes dans la vente de collections et d’objets d’histoire naturelle en France au 19e siècle.

Mots clés: botanique - histoire des sciences - Avignon - correspondance - échanges de collection - 19e siècle

The Avignon naturalist Esprit Requien left a collection of nearly 14,000 letters, which he received from more than 2,000 correspondents. Four percent are women. This corpus of women’s letters was studied in the hope of locating little-known female botanists. Twenty-eight women addressed botanical topics. These female correspondents come from a variety of social backgrounds, but are mostly bourgeois. Most are interested in plants in a domestic sphere. Only three have a scientific approach: Aglaé Adanson, Clémence Lortet and Victoire Maille. They are already relatively well known in the history of botany. On the other hand, this correspondence provides an insight on the role of women in the sale of natural history collections and objects in France in the 19th century.

Keywords : botany – science history - Avignon - correspondence - collection exchange - 19e siècle

 

 


Plan


Introduction

Le corpus des lettres

Des sujets botaniques variés

Trois femmes pour une botanique scientifique

Les interrogations qui demeurent

Des origines sociologiques contrastées

Un aspect inattendu : les ventes de collections ou d’objets d’histoire naturelle

Conclusion

Remerciements

References

 


Texte intégral


 

Introduction

 

La part des femmes dans l’histoire de la botanique a été largement sous-estimée (Benharrech, 2018 ; Pépy, 2018). Récemment, il a été montré que pour une partie de cette science, la floristique, plus de 100 femmes ont eu une contribution significative durant l’intervalle 1700-1870 (André & Philippe, 2020), alors que les synthèses sur l’histoire de la botanique n’en citent pratiquement aucune (e.g. Dayrat, 2003 ; Magnin-Gonze, 2015). Les sources disponibles pour évaluer cette sous-estimation sont peu nombreuses. Comme l’a démontré Benharrech (2018), la mémoire des activités botaniques féminines a été relativement moins bien conservée, potentiellement sciemment minorée.

Le naturaliste avignonnais Esprit Requien (1788-1851) entretenait un réseau de contacts particulièrement développé. La correspondance qu’il a reçue, telle qu’inventoriée par Labande en 1897 et conservée aujourd’hui à la médiathèque Ceccano d’Avignon, compte près de 14 000 lettres, émanant de plus de 2 000 personnes, dont 99 sont des femmes. Il n’y a pas d’autres exemples de correspondance de naturaliste français des 18e et 19e siècles ayant conservé un tel nombre de lettres écrites par des femmes 1.

Cette correspondance féminine a été analysée pour repérer la présence d’éventuelles botanistes méconnues, évaluer quelles étaient leurs activités en relation avec la botanique, s’il y en avait, et enfin étudier leurs rapports avec Esprit Requien.

 

 

Le corpus des lettres

Esprit Requien, né en Avignon en 1788 et décédé en 1851 à Bonifacio, semble avoir été un « bourgeois méridional jovial » archétypique (Moulet, 1989), bon vivant, amical, serviable, et avoir eu un carnet d’adresses exceptionnellement fourni (Moulet, 1989). Il avait deux passions : les sciences naturelles (en particulier la botanique) et la politique. Polymathe autodidacte, il a atteint, dans un nombre impressionnant de domaines, une expertise reconnue. Ses combats pour le patrimoine culturel, par exemple pour la conservation des remparts d’Avignon qu’un projet ferroviaire menaçait, ne sont qu’un aspect de son investissement politique, qui lui valut l’amitié de Prosper Mérimée. Resté célibataire, il a vécu avec sa mère, à laquelle il était très attaché.

Collectionneur compulsif mais avisé (Moulet, 1989), Requien a réuni entre autres une riche collection d’autographes, dont de nombreuses lettres qu’il reçut 2. Cette correspondance, conservée à la bibliothèque Ceccano en Avignon, a été cataloguée par Labande (1897), qui liste 14 172 lettres émanant d’environ 2 370 correspondants. Parmi celles-ci, 120 furent écrites par des femmes, au nombre de 99 (4,1 % des correspondants).

La lecture de ces courriers montre que vingt-huit femmes ont évoqué des plantes dans leurs échanges avec E. Requien. Ont été comptées toutes celles qui faisaient référence directement à au moins une espèce botanique, quel qu’en soit l’usage, à l’exclusion des phrases où les plantes n’étaient évoquées qu’indirectement (par exemple en parlant de vin, de tissu, ou dans des images comme « belle comme une rose »). Le terme botanique est donc compris ici au sens large comme faisant référence au monde végétal, sans forcément que celui-ci fasse nécessairement l’objet d’une approche scientifique ou savante. Ces lettres ont été reçues par Requien entre 1810 et 1851. Dans ses lettres à Requien, sa domestique, Marie-Véronique Peyron (1813-1885, dite « Fine »), évoque souvent des plantes, par exemple pour des recettes ou des envois de fruits 3, mais n’a pas été comptabilisée comme botaniste.

Il est clair que toutes les femmes qui ont échangé avec Requien à propos de plantes ne l’ont pas toujours fait par écrit. On peut estimer qu’en 1810 près de 70 % des femmes sont illettrées, et que 55 % le sont encore en 1850 (Pélissier & Rébaudo, 2004). Comme le décrit dans ses mémoires (2003) Augustin-Pyrame de Candolle, au 19e siècle, de nombreuses femmes illettrées avaient des connaissances assez poussées sur les plantes, pratiques à défaut d’être académiques. Il est hors de doute que Requien communiqua de même à propos de plantes avec de nombreuses illettrées.

La nature de ces courriers est très diverse, parfois de simples billets de quelques lignes, parfois de longues lettres de plusieurs pages. Souvent des sujets botaniques y côtoient alors des considérations toutes différentes, sur des gens, des spectacles, des prêts de livres, des sollicitations, etc.

D’après les éléments donnés par Labande (1897) et ceux présents dans les lettres, l’identification de ces vingt-huit femmes a été tentée (Tableau 1). Pour cinq d’entre elles cela n’a pas été possible, et quelques identifications sont hypothétiques. Pour la plupart, les éléments biographiques disponibles sont peu nombreux et bien moins complets que pour leur mari, une dissymétrie classique.

Les courriers signés de messieurs n’ont pas été lus, même s’il est possible que certains fassent mention de l’activité botanique d’une femme. Les quelques-uns qui sont signés d’un couple ont été lus, mais il n’y a pas été trouvé d’éléments pertinents 4.


Tableau 1. Femmes botanistes repérées dans la correspondance de Requien, telles que mentionnées par Labande (1897), la nature des échanges, et l'identification proposée.


Des sujets botaniques variés

En grande majorité les correspondantes évoquent avec Requien des plantes domestiques, alimentaires ou ornementales, de jardin ou de verger. Elles sollicitent de sa part l’envoi de bulbes, de graines, de plants, de sarments, etc. ou le remercient et l’informent du devenir d’envois qu’il fit précédemment. En tant que proche du Jardin botanique de la ville d’Avignon 5, Requien avait accès à ses collections, et les jardins botaniques avaient alors, plus qu’aujourd’hui, un rôle important dans la circulation du matériel végétal, notamment ornemental. Les plantes citées sont des classiques : ‘‘amaryllis’’ ; ‘‘coco’’ (Phaseolus vulgaris) ; ‘‘dahlia’’ ; ‘‘figuier’’ ; ‘‘grenadier’’ ; ‘‘héliotrope’’ ; ‘‘immortelle’’ ; ‘‘luzerne’’ ; ‘‘mélisse’’ ; ‘‘mirthe fleuri’’ (sic - Myrtus communis) ; ‘‘‘opaline ‘‘ (cultivar de Solanum tuberosum) ; ‘‘queue de lÿon’’ (Leonitis leonurus) ; ‘‘tilleul’’ ; ‘‘vigne’’ (Vitis vinifera). Parfois les dénominations sont plus vagues ou génériques : ‘‘arbres fruitiers’’ ; ‘‘oignons de fleurs’’ ; ‘‘plantes grimpantes’’. Toujours dans ce volet agronomique, on peut citer des demandes de conseils pour ‘‘chauffer une serre’’, cultiver des camélias, ou encore une sollicitation pour le prêt d’un ‘‘hache-feuille’’ avec lequel la correspondante mentionne vouloir faire des essais. Ou encore cette invitation par Rose Céleste Bache, connue comme femme de lettres et autrice 6 plutôt qu’agronome : « Je vous propose une place dans ma voiture pour aller jeudi à St-Ouen voir la belle propriété de monsieur Ternaud 7, il reçoit tous les ans les personnes qui prennent intérêt à l’agriculture ».

Dans deux lettres on apprend qu’une correspondante a envoyé à Requien du matériel végétal. Anne Doumenq (Fig. 1), veuve de Dominique Bouchet (1771-1844), botaniste montpelliérain, s’inquiète de savoir si les plants de ‘‘Planera‘‘ (Ulmaceae, sans doute ici P. crenata) envoyés sont bien arrivés. Agathe de Secval8, épouse d’un cousin indirect de Henri-Louis Duhamel du Monceau (1700-1782), envoie à Requien un cône de Cedrus de son château de Denainvilliers, en précisant que ce cône est celui d’un arbre originellement planté par le célèbre agronome qui vécut un temps au château.


Fig. 1. Anne Doumenq (1776-1862), épouse Bouchet, fille d’un riche négociant. Sa dot permit à son mari de se consacrer entièrement à la botanique et d’acheter des herbiers, dont ceux de Girard, Magnol, Salzmann, etc. Cet herbier est aujourd’hui conservé à la Faculté des sciences de Montpellier, sous le nom d’herbier Bouchet-Doumenq. Licence Creative Commons.

 

Une seule lettre sollicite l’envoi de matériel végétal du jardin pour un but médicinal : la baronne de Bacciochi demande "quelques feuilles de laurier-cerise pour un remêde". Les glycosides cyanogéniques du Prunus laurocerasus, notamment la prulaurasine, sont sédatifs et antispasmodiques. Les feuilles bouillies étaient utilisées en cataplasme.

Dans deux cas, les correspondantes demandent à Requien son expertise pour les aider à vendre les herbiers laissés par feus leurs maris, des botanistes relativement renommés : Dominique Bouchet et Félix Nicolas Lorey (1768-1841). Un cas assez proche est celui de Marguerite Rose Auger qui contacte Requien en 1833 pour lui proposer l’achat, pour le Musée Calvet, des collections d’histoire naturelle de son mari, Jean-Baptiste Decreuse (1779-1853) 9. Elle lui en envoie un catalogue (non conservé avec les lettres) et insiste sur leur valeur, estimant qu’elles sont « très supérieures » à celles de la ville de Lyon. Mais dans une lettre qu’elle écrit en 1834, on comprend que Requien a chargé Seringe 10 de dire à Mme Decreuse que la vente ne pourrait se faire avant deux ou trois ans. On ne sait pas si elle a finalement abouti.

Trois femmes écrivent à Requien en faisant office de secrétaire de leur mari, des botanistes floristes biens connus, le comte Hippolyte Jaubert (1798-1874), Joseph François Maire (1780-1867) et Pierre Casimir Marie de Pouzols (1785-1858). Leurs courriers gèrent des envois de plantes ou de parts d’herbiers, mais ne permettent pas de savoir si elles avaient elles-mêmes une activité scientifique propre.

Trois femmes pour une botanique scientifique

Trois femmes parmi les correspondantes ont partagé avec Requien une approche de la botanique plus scientifique : Aglaé Catherine Adanson (1775-1852), ép. Doûmet ; Victoire Lucile Maille (1775-1871), ép. Ricard, et Clémence Richard, ép. Lortet (1772-1835). Pratiquement conscrites, et légèrement plus âgées que Requien, elles ont pourtant eu chacune une vie bien différente.

La première (Fig. 2) est la fille unique du botaniste Michel Adanson (1727-1806). Elle grandit à Paris et dans le Nivernais où elle put, dit-elle, cultiver « ses goûts sauvages » avec son père botaniste et durant « ses excursions pédestres pour herboriser », ainsi que le rapporte Callen (2016). Elle entre en pension à 10 ans au couvent à Paris, puis suit sa mère dans l’émigration après 1789. Un premier mariage en 1793 se termine très vite par un divorce (1794). En 1796, elle se remarie avec Jean-Baptiste Doûmet, dont elle divorce en 1802. Antoine Robert Nazaire Girard de Busson, protecteur de sa mère, lui avait offert en 1796 un terrain de 500 hectares à Balaine (Villeneuve-sur-Allier). Elle s’y établit en 1804 et à partir de 1805 (Roux, 1911 ; Chevalier, 1944 ; Callen, 2016), elle y met en place un parc, un arboretum, qui existe toujours, un verger et des jardins. Ses expériences, consignées dans des cahiers, lui permettent de rédiger plusieurs ouvrages agronomiques, dont un livre à succès, La maison de campagne (1822, réédité cinq fois jusqu’en 1856), le premier du genre qui fut publié par une femme. Elle est également membre fondateur de la Société d’horticulture et d’agronomie pratique de Paris en 1827, membre honoraire de la Société d’horticulture de Lille, membre de la Société d’agriculture de Montpellier. En 1824, elle reçoit pour ses travaux la médaille d’or de la Société royale et centrale d’agriculture. Elle est une des très rares françaises, avec Lortet 11, ayant publié un article de botanique scientifique avant 1870 (Adanson, 1830). Dans ses trois courriers à Requien, elle mentionne l’envoi de plantes, l’invite à venir collecter des échantillons à Balaine. Elle est en relation étroite aussi avec un pépiniériste, ami de Requien, Urbain Audibert 12.


Fig. 2. Aglaé Adanson (1775-1852). Fille du botaniste Michel Adanson, elle fut agronome à Balaine (Allier). Licence Creative Commons.

 

Victoire Lucile Maille, dite "Mme Ricard", quoique méconnue est l’une des premières femmes membre de la Société botanique de France (dès 1860) et autrice d’ « un des herbiers phanérogamiques de France les plus complets qui existent en ce moment dans nos départements » (Gay, 1860). En 1826, Victoire Maille était passée avec son compagnon, Auguste Le Prévost, et son frère, Arsène Maille, en Avignon, où ils ont probablement rencontré Requien. Ce dernier serait allé à Rouen rendre visite à Mme Ricard en 1846, peu après que son ami Antoine-Jean-Joseph Sollier (Mulsant, 1852) y fut allé, en 1843, voir Arsène. La correspondance Requien inclut également une lettre d’Alphonse Maille (1813-1865), neveu de Mme Ricard (initié par elle à la botanique ; Fournier, 1865), cofondateur en 1854 de la Société botanique de France, avec qui Requien a échangé des parts d’herbiers (Kralik & Billon, 1868). Les deux courriers de Mme Ricard confirment donc combien cette botaniste méconnue était reconnue et insérée dans le réseau des botanistes en France dans la première moitié du XIXe siècle. Plusieurs de ses récoltes sont conservées au Muséum national d’histoire naturelle (Fig. 3).


Fig. 3. Part d’Andromeda poliifolia L., récoltée par Victoire Maille (1775-1871), épouse Ricard (Mme Ricard), à la tourbière de la Harelle, Heurteauville (Seine-Maritime) en 1844. La plante a aujourd’hui disparu de cette localité. Composition à partir d’une digitalisation du Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN-P-P00351872).


Sur Clémence Richard, dite ‘‘Clémence Lortet’’, à l’inverse des deux premières, on dispose de plus d’informations (e.g Lortet et al., 2018 ; Philippe, 2019 ; Benharrech & Philippe, 2020, Bange, 2021). Cette lyonnaise, fille d’un maître-artisan, est éduquée par son père, qui lui enseigne les mathématiques et les sciences. En 1791, elle épouse Jean-Pierre Lortet (1756-1823), mais la répression qui suit le siège de Lyon la laisse dans un état dépressif profond. Vers 1803, elle consulte le Dr. Jean-Emmanuel Gilibert, qui lui recommande de jardiner et de venir à ses cours de botanique. Bientôt Lortet devient ainsi botaniste, cataloguant la flore locale. Gilibert l’invite alors à faire une étude phénologique. En 1808, Lortet répertorie avec enthousiasme les dates de floraison autour de Lyon. Ces données ont été publiées en 1809 dans un Calendrier de Flore, sous le seul nom de Gilibert. La préface, toutefois, reconnaît clairement la contribution de Lortet, et des centaines de récoltes de celle-ci sont présentes dans l’herbier Gilibert (Thiébaut et al., 2018). En 1811, à Paris, Lortet rencontre plusieurs éminents botanistes avec qui elle demeure en relation, entre autres Bonpland, Jussieu et Thouin. Elle reçoit un prix de la Société royale d’agriculture de Lyon en 1820 pour des expériences agronomiques avec le chanvre et des oléagineuses. En 1821, elle est reçue membre de la Société linnéenne de Paris. Avec Balbis et d’autres naturalistes, Lortet fonde ce qui deviendra la Société linnéenne de Lyon. Sous son impulsion, les membres travaillent à un catalogue de la flore lyonnaise, publié sous les auspices de Balbis (1827-1828). Clémence poursuit ses expériences agronomiques et ses voyages botaniques dans les Alpes (1810, 1826, 1830), dans le Jura (1817), en Auvergne (1818, 1824, 1828), etc., et ce jusqu’à sa mort. Sa correspondance avec Requien se limite à une lettre, datée de novembre 1825, où elle le remercie de l’envoi de plantes et fait le lien entre Requien, Balbis et Seringe. Requien était en relation étroite avec Aunier (Philippe, 2014), un ami proche de Lortet, féru de bryologie comme Requien (André et al., 2015). Il est probable que Requien ait rencontré Lortet et ses amis linnéens lors d’une de ses haltes à Lyon. Elle ne semble pas avoir rencontré Requien en Avignon 13.

Les cinq lettres de ces trois femmes 14 prouvent qu’elles ont eu avec Requien des échanges scientifiques portant sur la botanique. Ces lettres ne diffèrent pas de celles qu’auraient pu écrire des collègues masculins, tant sur le fond que sur la forme, évoquant des échanges de plantes, des rencontres, des renseignements concernant la communauté botanique. De façon assez frustrante, elles n’apprennent que peu de choses sur la teneur et l’intensité des collaborations et ne permettent pas de mieux connaître ces trois botanistes.

Les interrogations qui demeurent

Parmi les correspondantes de Requien, on trouve Costanza Trotti Bentivoglio (1800-1871), épouse de Giuseppe Arconati-Visconti (1797-1873), qui signe "Marquise Arconati". Celle-ci était la belle-sœur et une amie proche du patriote turinois Giacinto Provani du Collegno qui soutint une thèse de botanique à Paris en 1838. Mais le billet de la marquise date de 1825, soit avant que Provani n’émigre d’Italie (1827). La marquise et son époux, républicains libéraux convaincus, exilés en France et en Belgique dès 1820, occupèrent une place importante dans l’histoire de l’émigration politique italienne liée à la répression du soulèvement des Carbonari en 1821. Le billet de la marquise à Requien regrette de ne l’avoir trouvé chez lui, le 20 novembre 1825. En route pour Hyères, sans doute pour une villégiature hivernale, elle voulait rencontrer Requien, sur recommandation de Balbis. Celui-ci est alors, depuis 1819, directeur du Jardin botanique de Lyon. Désire-t-elle rencontrer Requien pour parler de botanique, une occupation mise à la mode chez les femmes de sa société par Rousseau et Mme de Genlis ? Ou désire-t-elle l’entretenir des réfugiés italiens ? Balbis, carbonaro notoire, a eu un rôle important aussi dans l’aide aux exilés italiens 15. Les réseaux naturalistes pourraient avoir, à la Restauration, été une couverture pour les activités républicaines (Philippe, 2020).

Curieusement, George Sand manque, bien qu’elle fût férue de botanique et, comme Requien, assez liée avec Christine Blaze ép. Buloz 16. George Sand est passée en Avignon (e.g. en 1833 et 1838). En octobre 1838, elle a visité la fontaine de Vaucluse où elle a ramassé un bel échantillon de Cinclidotus aquaticus, abondamment fructifié, qu’elle a inclus dans son carnet de voyage 17. Mais, elle ne note nulle part dans sa correspondance ou ses carnets avoir rencontré Requien 18.

Une autre absence étonnante est celle de Rosine Guérin 19. Cette fille de pharmacien, nièce de Joseph Bénezet Xavier Guérin, qui fut directeur du Jardin botanique d’Avignon de 1807 à 1809, commença à assembler un cabinet d’histoire naturelle, centré sur la paléontologie mais incluant aussi un herbier assez riche (Jaussaud, 1990) peu après son mariage, en 1830. Mais peut-être est-elle citée dans les lettres masculines ?

Des origines sociologiques contrastées

Toutes ces correspondantes écrivent à Requien en utilisant leur nom d’épouse : ainsi Marie Boigues signe-t-elle « Mme F. Jaubert ». Les rares exceptions sont deux femmes restées célibataires, Louise Cloquet, sœur de Jules Germain Cloquet (1790-1883), médecin et ami proche de Flaubert, et Sœur Mathilde, une religieuse économe à la Visitation d’Avignon 20, qui n’a pu être identifiée.

La diversité des positions sociales occupées par ces maris est impressionnante. Marie Boigues est l’épouse du comte Hippolyte Jaubert qui fut ministre sous la monarchie de Juillet ; Elisa Decazes, née Brisseau de Mirbel, est celle du baron Pierre "Elisé" Decazes, secrétaire d’ambassade à Londres ; Caroline Trabeau, celle de l’amiral Larocque de Chanfray. D’autres femmes sont de classe sociale plus simple, comme Marie-Rose Reynier 21, fille d’un aubergiste avignonnais.

Il reste que la plupart des lettres émanent de femmes appartenant par leur mariage et par leur naissance à une bourgeoisie assez aisée de notaires, d’officiers et de médecins, parmi lesquels se recrutent un grand nombre des botanistes au 19e (Charpin et Aymonin, 2015). Elles-mêmes étaient le plus souvent issues de ce milieu.

Il y a un biais certain dans la mesure où la correspondance n’était, au 19e siècle, le moyen de communication que d’une élite lettrée 22. Encore une fois, nul doute qu’un grand nombre de femmes ait communiqué avec Requien au sujet de plantes sans en laisser de trace écrite.

Peu des correspondantes ont acquis une notoriété propre, indépendante de celle de leur mari. D’une façon générale, il a été difficile de trouver des informations sur elles (dissymétrie classique des archives).

Un aspect inattendu : les ventes de collections ou d’objets d’histoire naturelle

Il a été évoqué plus haut les veuves qui ont contacté Requien pour les aider à vendre au mieux les collections botaniques de leur mari : Anne Doumenq, Vve Bouchet et Anne Roux, Vve Lorey. Ainsi que de l’offre faite par Marguerite Rose Auger, ép. Decreuse, en 1833 pour l’achat des collections de son mari. On ne sait pas si cette offre a abouti, ni quelle était la nature exacte de celle-ci, mais les collections étaient assez importantes pour avoir justifié l’élaboration d’un catalogue.

D’autres offres, de collections non botaniques, sont mentionnées dans ces lettres féminines. La duchesse de Mahon 23 fait l’intermédiaire pour un particulier vendant des coquillages (juillet 1833). Une Mme Rouilly 24, de Toulon, qui n’a pu être identifiée, se fait de même intermédiaire en écrivant en 1839 à Requien : « Engagée par des messieurs amateurs de Toulon à vous faire part des coquilles provenant de la Nouvelle Holande (sic) et Zélande, je prends la liberté de vous adresser cette lettre et vous donner connaissance du genre de coquilles que je puis vous envoyer. » (suit un catalogue substantiel). Francine Béranger 25, de Tarascon, dont on sait peu de choses, propose un « porc-épic de mer à trois queues ». Une femme non identifiée, qui signe Clorinde, propose une vertèbre caudale de baleine, du lignite. Il est frustrant de ne pas en savoir plus sur ces femmes, car il est étonnant de constater la part féminine dans le commerce des collections et d’objets d’histoire naturelle, ainsi que le rôle d’intermédiaire qu’elles semblent avoir souvent joué.

 

Conclusion

La diversité des correspondants de Requien est remarquable. Fils de tanneur, autodidacte n’ayant pas fait d’études (il n’avait pas le baccalauréat 26), cordial et généreux, il était ami avec un nombre incroyable de personnes (Moulet, 1989). Sans prétentions académiques, il sut manifestement prêter l’oreille à toutes sortes de gens, et en particulier à toutes sortes de femmes. La correspondance conservée montre la diversité de celles-ci, y compris pour celles qui se sont occupées de botanique (au sens large). Si cette correspondance n’a pas permis d’identifier de botaniste inconnue comme telle, elle démontre la richesse des échanges non académiques autour des plantes à l’époque. Ceux-ci, dans lesquels les femmes étaient particulièrement impliquées, n’ont laissé que peu de traces.

Il est frappant de constater que les trois femmes qui ont eu avec Requien des échanges de nature scientifique sont nées entre 1772 et 1775. Il peut certes s’agir d’une coïncidence mais les années 1770 sont aussi celles où la botanique, mise à la mode notamment par les écrits de Rousseau (la lecture de l’Emile, initialement interdite, se répand dans les années 1780), devient une matière couramment enseignée, du moins à celles qui reçoivent une éducation. Cet idéal d’éducation des femmes où la botanique jouait le rôle d’initiation aux sciences, n’a guère survécu aux soubresauts de la Révolution (Drouin & Bensaude-Vincent, 1996). La Restauration, si elle n’a pas stoppé l’enseignement de la botanique aux femmes, a, en revanche, nettement découragé sa pratique scientifique (Philippe, 2020). On peut d’ailleurs, même si elles n’ont pas été correspondantes de Requien, noter que Victorine de Chastenay (1771-1855) et Jeanne Boileau de Chandoiseau (1754-1824), botanistes et scientifiques méconnues, ont eu à ce titre des itinéraires comparables.

 

Remerciements

Ils sont dus à Camille Jordan, de la bibliothèque Ceccano pour avoir organisé la consultation, dans des conditions difficiles, ainsi qu'à Mélanie Thiébaut pour sa relecture attentive et efficace. Merci également à Gilles André pour sa relecture et ses informations sur Thouin, et à Cédric Audibert pour ses informations sur Decreuse.

 

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Notes


  1. La correspondance d'Augustin-Pyrame de Candolle contiendrait aussi de nombreuses lettres de femmes, mais celles-ci sont conservées, à Genève, par la famille, qui n'en autorise pas l'accès. Bien que ce soit à évaluer, la correspondance d’André Thouin, conservée au Muséum national d’Histoire naturelle, pourrait aussi contenir d'assez nombreuses lettres de femmes (Gilles André, com. pers.).

  2. Il avait commencé une correspondance botanique dès 1806 (Moulet, 1989).

  3. Ainsi par exemple en septembre 1846 « je vous envoie quelques raisins, et un melon à lézard, des figues ». 

  4. À noter cependant les Roubeaud, couple d'agriculteurs propriétaires d'Orange, qui parlent de leur exploitation, de variétés de plantes alimentaires et d'un tiers herborisant. 

  5. Il y est impliqué dès 1809, lors de la translation du Jardin botanique au square Perdiguier, et en devient le directeur en 1849. 

  6. Elle est également belle-fille de Marie-Thérèse Reboul (1728-1805), connue comme artiste peintre sous le nom de ''Madame Vien''. 

  7. Guillaume Ternaux (1763-1833), à son sujet, lire Bertier de Sauvigny (1981). 

  8. Marie Louise ''Agathe'' Fougeroux de Secval avait sans doute un intérêt assez prononcé pour les plantes. Une lettre de son fils Edmond, écrite de Toulon en 1828, assure qu'il recherche activement un plan de vanille pour elle. 

  9. Sur Jean-Baptiste Decreuse (graphie de l’état-civil), on trouvera quelques éléments dans Audibert (2020). 

  10. Nicolas Charles Seringe (1776-1858), alors directeur du Jardin botanique de Lyon.

  11. On peut également évoquer ici la belge Marie-Anne Libert (Morren, 1868).

  12. Urbain Audibert (1789-1846) était, avec ses frères, pépiniériste à Tonnelle près de Tarascon. Il herborisa et échangea beaucoup avec Requien (près de 790 lettres dans la correspondance).

  13. Son fils Pierre (1792-1868) a visité Avignon à l'été 1810, mais ne mentionne pas avoir rencontré Requien.

  14. Il n'y a de preuves de connexion entre elles qu'entre Lortet née Richard et Ricard (Lortet et al., 2018).

  15. Comme en témoignent des lettres qu'il a adressées à Augustin-Pyrame de Candolle et conservées au Jardin botanique de Genève.

  16. Marie Euphrosine 'Christine' Blaze (1815-1889), épouse de François Buloz (1803-1877), éditeur de George Sand ; elle était originaire d'Avignon ; dans une lettre datée de 1841, elle parle de « Mme Sand » à Requien. Liszt, qui fut très lié à George Sand, visita Requien en Avignon en 1845.

  17. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10521770j/f24.item.zoom ; les mousses étaient alors peu étudiées, et Requien en fut considéré comme un spécialiste.

  18. Georges Lubin, dans son édition de la correspondance de George Sand, cite une lettre de Mérimée à Requien du 6 mars 1835 parlant de George Sand (Tome II, note p. 815).

  19. Marine Rose Xavière Clémence "Rosine" Guérin (1814-1897), née en Avignon, épouse de Joseph Ferdinand Tite Escoffier, notaire, décédée au séminaire de Sainte-Garde, où elle étudiait une collection naturaliste.

  20. Cette communauté, qui occupait le bâtiment connu sous le nom de monastère de la Visitation, fut dispersée en 1792, mais se reconstitua au début du XIXe siècle en se déplaçant dans l'ancien noviciat des Capucins.

  21. Marie-Rose Reine Reynier (1794-1861), épouse de Joseph Aubert (1790-1861), propriétaire.

  22. Plusieurs lettres évoquent, à côté des plantes, des prêts ou échanges de livres.

  23. Laure Marie Charlotte de Chassepot de Pissy (Amiens, 1800 - Pissy, 1882).

  24. À l’adresse qu’elle donne, rue des chaudronniers à Toulon, il n’y a en 1841 pas de Rouilly (AD83, recensement). Par contre c’est l’adresse de nombreux marins.

  25. Françoise Magdeleine Béranger, née en 1826 à Bourg-lès-Valence, fille naturelle d’une domestique, épouse à Tarascon, le 5 septembre 1849, Alexis Belladen, employé des chemins de fer, en signant « Francine Béranger ». Elle décède à Tarascon en 1850.

  26. À cause de cela, il ne put enseigner à l'Université de Montpellier, bien qu'il ait été contacté, ce dont il garda du dépit (Moulet, 1989).

 


Auteur


Philippe Marc
Université Claude Bernard Lyon1, LEHNA, UMR 5023 du CNRS, 7 rue Dubois, 69622 Villeurbanne cedex, France.
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Citation


Philippe M., 2021. Les correspondantes botanistes d'Esprit Requien (1788-1851). Colligo, 3(2). https://revue-colligo.fr/?id=60.